lundi 24 juin 2013

168-

« Couple uni dans un secret »...Détruit, puis reconstruit le temps de ne rien comprendre. Je la porte, elle est moi. Comme une composition...Une part disparue, mais dont le souvenir est si fort. Qu’une main posée dans mon dos semble me pousser...Nous arrivons au bord d’un plateau, ses ateliers désaffectés. Encore synthèses du passé. Certaines latitudes  sont des poisons...Certains lieux sont des poisons...L’exposé macabre de faits, de gestes.
 

vendredi 21 juin 2013

167-

En poursuivant le fil de ces pensées, en essayant désormais, de leur trouver un décor, je tente de nommer chacune des étapes qui m’ont conduit auprès de cet homme. Blocs, impasses, adresses à retrouver. Visage à remettre à sa place. Mais c’est impossible. Impossible, parce tout se dérobe à chaque fois.

mardi 18 juin 2013

166-

Des hommes soudain sans passé. Ni mémoire vive. Jetés dans le noir, le froid, ces données errantes...Ou bruits parasites dans le silence des artères. Je réalise alors que je suis dehors, à la même heure que Céline, que je marche comme elle, la veille. Que les heures qui me séparent d’elle ne sont qu’une poignée, qu’il aurait suffi que je ne boive pas. Que je l’accompagne. Encore une donnée errante. Une pensée à l’évidence tranchante. Il aurait suffi. Ces mots ont la vulgarité épaisse d’une mauvaise farce. Je traîne avec ce type, Karl, et même là, je ne saisis pas bien le sens de cette marche. Quel homme suis-je donc pour avoir si vite tout abandonné ? Pour avoir noyé un chagrin chronique, dramatiquement aggravé, dans l’alcool. Alors que c’est à cause de ça que Céline est morte. De cette beuverie solitaire, couronnant des semaines, des mois d’un dérapage à peine contrôlé.

vendredi 14 juin 2013

165-

Nous avons cheminé ainsi. Dans cette rue, puis dans une autre...Toujours plus éloignés d’un centre en alerte,  de ses habitudes renversées...Je revois encore le tee-shirt qu’avait enfilé Karl, en partant. Ces taches de camouflage ressemblent aux points noirs qui défilent en accéléré parfois, devant mes yeux. On s’est enfoncés littéralement dans le bas-ventre de la ville. Là, entre ses rives. Les plis cachés aux surfaces lisses, places, esplanades. Dont le miroitement, sous les réverbères, nous révulsait.

mercredi 12 juin 2013

164-

Quitter cette pièce, ce huis clos devenu dangereux. Taxi rose. Direction un hôtel qu’il connaît, Hugo Victor, une rue...Confuse dans sa pureté. Exploitée pour son cul. Entremêlée de plaques de rêves éveillés, de sa nudité...La nuit dégradante. Bordée par des sévices, un clocher, des sentiments inoculés. 
  
Dans tel bras, secours précis...On aurait préféré l'oubli à ce teint de victime...Plein d'effets captivants, auxquels on touche sans avoir l'air. C'est encore plus fort...Les douleurs à leur place, endormies. Comme si elles n'avaient jamais...Pas de meilleur moment que l'or du soir...Un truc massif, nocif pour ma vue...Bientôt plus triste...A des années ou des ordures...

L'autre considéré comme une gêne...Les filles et les types dans le même...A force, le physique si maltraité. Sa peine...

 

vendredi 7 juin 2013

163-

Il m’explique, grâce à ces mots jetés sur le papier, qu’il est sur le point d’être expulsé. Que dans sa rage, il a voulu tout expédier en quelques minutes. Expulsion – colère – foutu par la fenêtre. Il me dit qu’il finira sur le trottoir, expression si banale et terrible. Finirai sur le trottoir. Le temps utilisé indique qu’il en est certain. Ce futur qu’il arrache au silence. Grognements, puis mots...Qui disent l’inéluctable. Il n’est jamais revenu. Il vit toujours dans le sable, ou dans un campement, dans son désert mental. Les murs lui font mal, pourtant il voudrait rester. Mal – Etouffe – Mais – Froid. Il arrache des petits bouts de feuilles blanches qu’il me tend, fébrile, en colère. L’alcool change de nouveau les caractères. L’instant mauvais se précise.
 

mercredi 5 juin 2013

162-

Cet homme derrière sa fenêtre, dont la vie, comme viscères au dehors, était répandue sur un trottoir. Je lui demande enfin pourquoi...La raison de ce désordre, chaos extérieur. Alors que lui, Karl, semble si calme. La soûlerie peut aider dans ces cas-là. Elle peut faire d’une infirmité un impossible transitoire. Là, ce soir, en me remémorant ces instants, je l’entends, distinctement, me répondre d’une voix irréelle. Pourtant, bien sûr, il ne parlait pas. Mais les mots qu’il écrivait avaient la saveur d’un son. De sa voix d’avant j’imagine.